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Plan d'accompagnement des familles, les recommandations de l'ANFEM

Partager la vie d’un militaire n’est pas une vie comme les autres. Les départs en mission, OPEX, Sentinelle se multiplient, les mutations et les déménagements s’enchaînent, les démarches administratives s’accumulent. Parfois le quotidien de la femme de militaire ressemble à un parcours du combattant.  Alors que la ministre des Armées a annoncé la présentation du plan d’accompagnement des familles pour le mardi 30 octobre, l’ANFEM fait le point sur ses recommandations pour l’amélioration de la vie de famille de militaire.

« Ces 10 dernières années, nous déménageons tous les 2 ans sans jamais revenir dans la même ville, avec des ordres de mission qui arrivent jusqu'à la mi-mai » témoigne Hortense

Edwige nous explique « Le plus dur pour moi, ce sont les missions et les nombreuses absences pour les stages, les qualifications, les terrains...en résumé : les absences prolongées. » 

Des centaines de témoignages reçus

201710 parly lendroitFin août 2017, nous vous annoncions que l’ANFEM était, à la demande du ministère des Armées, partie prenante de l’élaboration du plan d’accompagnement des familles. Florence Lendroit, présidente de notre association, a été reçue à 2 reprises par Florence Parly, ministre des Armées et a participé aux nombreuses réunions pilotées par la DRHMD1 en présence des services de l’action sociale. Mais surtout, l’ANFEM à travers ses 53 délégations est allée à la rencontre des femmes de militaires, c’est ainsi que nous avons reçu des centaines de témoignages relatant les difficultés et les contraintes liées à la vie de famille de militaires. Les femmes de militaire que nous sommes avons eu à cœur de faire remonter à Florence Parly les préoccupations quotidiennes de notre communauté. 

 

A l’analyse de ces dernières, le constat est sans appel : la très grande majorité des difficultés rencontrées est liée aux absences de plus en plus longues et à répétition et aux ordres de mutation qui arrivent trop tard dans l’année.

Des actions concrètes et souvent peu coûteuses  

Le conseil national de l’ANFEM, en partenariat avec l’ADOSM2 et la FOSA3 deux autres associations représentant les familles de la Défense, s’est attachée à faire des propositions concrètes, souvent peu coûteuses pour faciliter toutes les démarches inhérentes à chaque mutation et pour une meilleure reconnaissance de la base arrière. La première d’entre elles est bien sûr l’obtention beaucoup plus tôt de l’ordre de mutation.

De nombreuses propositions ont été faites au sujet des départs en OPEX : parmi elles améliorer la communication envers les familles (organisation de réunions d’informations avec présence d’un psychologue, diffusion d’un document référençant les noms des interlocuteurs pour les familles restant sur place, plus d’informations sur le SPT quand la situation le nécessite), faciliter les accès aux crèches et cantines en l’absence du conjoint, ainsi Sophie raconte « comme je ne travaille pas, je ne peux pas bénéficier de places en crèches ni mettre mes enfants à la cantine le midi. Mon mari absent et de ma famille éloignée cette situation est difficile ».

68% des femmes travaillent mais la mobilité impose une carrière en pointillé

Catherine à propos de sa vie professionnelle « A la naissance des enfants, j’exerçais une activité professionnelle dans les deux premières garnisons, ce n’est plus le cas actuellement car il est difficile de retrouver du travail à chaque mutation ».

Anne-Sophie, sage-femme se souvient : « Dans mon nouvel hôpital, où je travaillais à mi-temps, je passais tous les mois des heures au téléphone afin de trouver des arrangements avec mes collègues pour organiser mes gardes en fonction des absences de mon mari. Les assistantes maternelles de mon secteur n'acceptant pas de garder des enfants scolarisés sur un temps partiel avec des horaires atypiques, je faisais donc appel au service d'une étudiante. Deux ans plus tard, un troisième enfant s'est annoncé, nous avons décidé que je ne reprendrai pas le travail. J'ai alors pris un congé parental. Puis changement d'affectation pour mon mari, je demande une mutation. Pas de poste disponible. Nous prenons alors une décision importante : J'avais 15 années d'ancienneté, trois enfants, j'ai demandé mon départ en retraite. J'avais 36 ans. » 

Ainsi, s’agissant de l’emploi des conjointes, nous suggérons entre autres la mise en place d’actions facilitant le retour à l’emploi des femmes qui souhaitent travailler ou qui ont besoin d’un emploi. Par exemple, permettre à Défense mobilité de promouvoir et d’organiser des formations qualifiantes pour les conjointes. Ou encore faciliter le recrutement des conjointes de militaires pour renforcer le travail des bureau environnement humain (BEH) ou des pôles sociaux ou monde associatif au niveau des garnisons par exemple sur les sujets logement et réseaux sociaux, qui mieux qu’une femme de militaire peut accompagner les familles de militaires. Autre idée : mise en relation avec les ministères pour faciliter les mutations des conjoints fonctionnaires…

Le logement et les déménagements, grande préoccupation des familles

 Virginie confie « Comment organiser le déménagement de toute une famille lorsqu’on n’a pas encore d’adresse ? pour une mutation au 1er septembre on n’a toujours pas de logement attribué le 15 juillet...et les écoles sont fermées, on obtient une réponse au 1er août ! » 

L’ANFEM souhaiterait donc que l’attribution des logements soient effectuée plus tôt et dans une meilleure transparence. Il nous semble par ailleurs indispensable d’accroître l’offre de logements dans le privé grâce à des partenariats avec des bailleurs individuels ou collectifs du secteur privé. Enfin, toujours en matière de logement, nous souhaitons la simplification des procédures administratives pour le logement de la Défense. Par exemple, droit de signature du bail par la conjointe et ajout de son nom dans le bail (pour justifier de son adresse par exemple).

 Des difficultés certes, mais une vie pleinement assumée 

Ainsi Claire conclut son témoignage : « Cette vie de couple si particulière, si atypique, pas toujours comprise par l’entourage, a tout de même des effets bénéfiques : car vivre avec un militaire a l’avantage de vous faire vivre une vie sans routine, sans habitudes, une vie rythmée par des départs, des retours, des moments alternant une relative tristesse ainsi que le manque, mais aussi l’excitation des retrouvailles, qui permet aussi au couple de ne pas se laisser entraîner par la routine du quotidien. »

Plus d’une quarantaine de propositions ont été présentées à la ministre. Nous tenons à remercier sincèrement toutes les personnes qui ont pris le temps de formuler leur témoignage et qui ont accepté de nous faire part de leur quotidien.

29/10/2017

Photo : Mme Parly en présence de Florence Lendroit (ANFEM) et Diane (ADOSM)

1 – direction des ressources humaines de la Défense

 2 – ADOSM www.adosm.org

3 – FOSA www.fosa.fr

 

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